Sunday, May 15

Consommation : Que choisir proposera son propre indicateur d’inflation

Pouvoir d’achat : un taux d’inflation plus proche de la réalité ! Après l’énergie, ce sont désormais tous les produits alimentaires qui voient leurs tarifs grimper inexorablement. Face à l’ampleur de ces hausses, Que Choisir a décidé de publier un taux d’inflation mensuel, basé pour partie sur ses propres observations de prix.

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Carburant, gaz, électricité et désormais blé, huiles et viandes… Depuis 1 an, les matières premières voient leurs prix grimper mois après mois. Depuis le printemps 2021, le redémarrage brutal de l’économie suite à l’allègement des restrictions liées au Covid provoque une ruée sur les métaux, les sources d’énergie, le bois d’œuvre, etc . En parallèle, les transports restent perturbés par les mesures de lutte drastiques de la Chine contre le virus, qui provoquent le blocage des ports asiatiques et l’engorgement du trafic maritime international.

UN INDICE DE L’INFLATION RÉACTIF

Les prix des produits de grande consommation, qui frémissaient dès l’été 2021, voient donc leurs hausses s’accélérer. Au vu de l’ampleur de cette crise, Que Choisir a donc décidé de publier chaque mois un taux d’inflation plus réactif que celui de l’Insee, ce dernier paraissant avec plusieurs semaines de décalage. Pour cela, nous nous appuyons sur nos différents comparateurs (supermarchéscarburantsénergiemutuelles …) mis à jour régulièrement, ainsi que sur plusieurs indicateurs publiés par l’Insee (lire l’encadré méthodologie).

L’ÉNERGIE FLAMBE

Premier constat, l’énergie a flambé en 1 an : les ménages en ont déjà vu l’impact sur leur plein ou leur facture de chauffage, avec +88 % sur le fioul, +46 % sur le gaz ou encore +32 % sur le gazole en avril 2022 par rapport à avril 2021. Néanmoins, le blocage du tarif de l’électricité et le coup de pouce sur les carburants, décidés par le gouvernement, ont atténué l’ampleur de ces hausses, contrairement à nos voisins européens.

UNE HAUSSE INÉDITE DES PRODUITS ALIMENTAIRES

Deuxième constat, l’inflation sur les produits alimentaires atteint ce mois-ci un niveau inédit : la hausse est de 4,1 % par rapport à avril 2021. Cette situation est d’autant plus inhabituelle que nos aliments bénéficiaient depuis une dizaine d’années d’une certaine déflation, entretenue par la guerre des prix acharnée que se livrent les acteurs de la grande distribution au nom de notre pouvoir d’achat. Mais il semble bien que cette période touche à sa fin.

Ce sont les fruits et légumes qui enregistrent la plus forte augmentation, suivis par les produits d’épicerie et les produits laitiers. Ce mouvement touche plus discrètement les viandes, mais il devrait s’accélérer : les fortes hausses des tarifs des céréales, mais aussi des tourteaux de soja, de tournesol, de colza, etc., renchérissent l’alimentation des animaux, en particulier des porcs et des volailles. Du jamais vu, selon les éleveurs. Ainsi, le porc a augmenté de 35 % depuis le début de l’année au marché de Plérin, le cours de référence dans la filière. Et c’est sans compter les conséquences de la grippe aviaire , qui décime les élevages avicoles des Pays de la Loire et pèsera également sur les tarifs des poulets entiers, filets ou magrets dans les prochains mois.

Les industriels de l’agroalimentaire rassurent sur le fait qu’il n’y a pas de pénurie alimentaire en France, mais ils alertent pour leur part sur les surcoûts subis sur l’énergie, les transports, mais aussi les emballages… Des frais qu’ils n’ont pas répercutés en totalité auprès des distributeurs, mais qu’il va bien falloir appliquer. Une charte élaborée sous l’égide des ministères de l’Agriculture et de l’Économie devrait contraindre les distributeurs et leurs fournisseurs à rouvrir les négociations tarifaires sur les produits alimentaires pour tenir compte de cette conjoncture. La valse des étiquettes ne fait que commencer…

Une inflation globale de 5,3 % en avril

Selon nos calculs, l’inflation est déjà de 5,3 % en avril par rapport à avril 2021. Quelle est la conséquence sur le budget des ménages ? Chaque année, un ménage dépense en moyenne autour de 40 000 € pour sa consommation (1) : alimentation, habillement, logement, équipement, santé, transport, loisirs, services financiers et assurantiels, etc. Une hausse de cette ampleur signifie qu’il faudra débourser 2 000 € de plus pour exactement les mêmes dépenses.

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Méthodologie

Que Choisir évalue le taux d’inflation mois par mois, à partir de ses propres observations. Pour près de 40 % des dépenses de consommation, nous disposons de données permettant d’évaluer des variations mensuelles de prix, basées sur nos relevés effectués en grandes surfaces (pour l’alimentation, la boisson et l’hygiène-beauté), ainsi que sur les offres tarifaires tirées de nos comparateurs de prix (énergiecarburantsmutuellesforfaits mobilesfournisseurs d’accès à Internetassurances habitationbanques , équipements électroménagers). Chaque prix est ensuite pondéré par la fréquence d’achat et agrégé dans une moyenne générale.

Pour les autres postes de dépenses (loyer, dépenses de logement et de transports, hôtels et restauration, loisirs, habillement et santé), Que Choisir se réfère aux évaluations de l’Insee.

(1) Hors impôts, remboursements de prêts, placements financiers, gros travaux.



Reference-www.lyftvnews.com

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